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Publié : 3 juillet 2012

Sept niveaux pour lire un texte

Pionnier dans le domaine de la lecture-écriture, le Groupe d’Ecouen avait distingué, dans les années 90, 7 niveaux pour aborder un texte à lire (ou à écrire d’ailleurs), qui restent une référence pour aider les élèves à se repérer.

« La lecture et la production d’écrit interagissent dans la construction des apprentissages et des compétences, disait Josette Jolibert.
On s’aperçoit que le corps de concepts linguistiques à maîtriser est le même en lecture et en écriture. Nous avons dégagé sept niveaux qui s’emboîtent comme des poupées russes :
le contexte  : par quelles voies tel écrit parvient-il à son lecteur ?
la situation de production  : qui écrit à qui ? Avec quel but, quel enjeu, quel objet précis ?
le type d’écrit : allure générale, silhouette, support...
la superstructure : les différents blocs de textes, le schéma typologique, l’articulation des séquences...
la linguistique textuelle : fonctions dominantes organisatrices du langage, marques d’énonciation, cohérence sémantique et progression du texte...
la linguistique de la phrase  : ordre des mots, relations syntaxiques... »

Voici, extraite de Former des enfants lecteurs de textes (tome 2, Groupe d’Ecouen, Hachette, 1991), une présentation plus précise :

DES COMPÉTENCES À FAIRE CONSTRUIRE : SEPT NIVEAUX DE CONCEPTS LINGUISTIQUES/SEPT NIVEAUX D’INDICES DE LECTURE
Les sept niveaux s’emboîtent, chaque niveau étant éclairé par celui qui le précède, et réciproquement. On dit qu’ils sont en interaction.
Ils peuvent déterminer plusieurs « couches de lecture ».
De fait, l’activité de lecture est un va-et-vient entre ces sept niveaux :

1. La notion de contexte (contexte d’un texte et non d’un mot) :

- à la fois contexte de situation : par quelles voies concrètes un texte est-il parvenu sous les yeux de son lecteur ?
- et contexte textuel (origine du texte à lire) : est- il tiré d’un écrit complexe (d’un journal, d’un magazine pour enfants, d’un album, d’un fichier, d’un recueil de contes ou de poèmes, d’une anthologie, etc.) ? ou est-il autonome (lettre, affiche, tract, etc.) ?

2. Principaux paramètres de la situation de communication :

- émetteur
- destinataire
- but et enjeu,
- objet.

3. Type de textes

(au sens de type d’écrit fonctionnant actuellement dans notre société) : Lettre ? Affiche ? Conte ? Nouvelle ? Poème ? Article d’information ? Fiche technique (recette, règle du jeu, fiche de fabrication) ? etc.

4. Superstructure se manifestant sous la forme :

- d’organisation spatiale et logique des blocs de texte (« silhouette »)
- de schéma narratif s’il s’agit d’une « histoire » (conte, légende, nouvelle, roman)
- de dynamique interne (ouverture/clôture et progression de l’un à l’autre).

5. Linguistique textuelle :

- les choix d’énonciation (personnes, temps, lieux) et leurs marques
- les substituts
- les connecteurs
- les champs sémantiques (réseaux de sens),
- la ponctuation de texte.

6. Linguistique de la phrase :

- syntaxe : classes, groupes, relations (marques de), transformations ;
- vocabulaire : les choix lexicaux, les mots en contexte
- orthographe dite grammaticale et ce qu’on peut en tirer pour le sens
- ponctuation de phrase.

7. Mots et microstructures qui les constituent :

- graphèmes (minuscules et majuscules), leurs combinaisons caractéristiques en français, et les relations graphèmes/phonèmes
- microstructures syntaxiques, marques nominales (singulier/pluriel, masculin/féminin), marques verbales (personnes et temps)
- microstructures sémantiques : préfixes, suffixes, radicaux.

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